
Pourquoi le « prix de marché » n’est pas toujours le prix correct
En Roumanie, la discussion sur les logements se concentre presque exclusivement sur le prix demandé par le vendeur. Le problème est que, sur un marché avec une offre relativement réduite et de nombreux propriétaires qui n’ont pas un besoin urgent de vendre, le « prix de marché » des annonces ne coïncide pas nécessairement avec le prix correct, c’est-à-dire celui auquel il existe une forte probabilité que la transaction se conclue dans un délai raisonnable.
L’Indice Imobiliare.ro montre qu’au niveau national, le prix moyen demandé pour les appartements s’est rapproché en 2024 de 1.700 euros/m² utile, et qu’à București il a dépassé 1.750 euros/m² utile, avec une tendance à une hausse modérée en 2025–2026.1,2 La BNR confirme que la dynamique est soutenue en particulier par le segment des logements neufs, avec des rythmes annuels de croissance nettement plus élevés que sur le marché ancien.3
Dans le même temps, les données de l’ANCPI montrent des fluctuations considérables du nombre de transactions dans les grandes villes, ce qui indique des épisodes de « blocage » où les prix continuent de monter, mais où le nombre d’acheteurs disposés à payer ces sommes diminue.4 Dans de telles périodes, le risque de payer trop cher ou de mettre en vente avec un prix irréaliste est bien plus élevé.
Le prix « correct » d’un appartement n’est pas la moyenne des annonces, mais l’intervalle dans lequel les transactions se concluent, ajusté en fonction de l’année de construction, de l’étage, de la zone et de l’état réel du logement.
Comment utiliser le prix au mètre carré sans tomber dans le piège

Le premier réflexe de tout acheteur est de diviser le prix demandé par la surface utile et de comparer avec un « prix moyen au m² ». C’est un bon point de départ, mais pas un point d’arrivée.
L’Indice Imobiliare.ro offre des valeurs moyennes par ville, quartier et parfois par type d’appartement, mises à jour mensuellement sur la base des prix d’offre des annonces.1,2,5 Par exemple, București a un niveau moyen nettement plus élevé que la moyenne nationale, et des villes comme Cluj-Napoca ou Timișoara peuvent dépasser ces valeurs, tandis que Iași ou d’autres centres universitaires se situent en dessous.3,4
Pour utiliser utilement le prix au m² :
- Compare toujours avec la moyenne du QUARTIER et du TYPE d’appartement (studio, 2 pièces, etc.), pas avec la moyenne de la ville.
- Calcule à la fois le prix au m² utile et au m² total (balcon et terrasses inclus), car de nombreux vendeurs « gonflent » la surface en utilisant la surface construite.
- Tiens compte du fait que les prix des annonces sont en général de 3–10 % supérieurs aux prix effectifs de transaction, selon la ville et la phase du cycle de marché. La différence se voit indirectement dans les rapports de la BNR et dans les statistiques sur le nombre de transactions et le degré d’accessibilité.3,6
Un indicateur supplémentaire est l’évolution à moyen terme. Des séries statistiques comme celles utilisées par la BNR et agrégées par des plateformes de recherche montrent que, ces dernières années, les prix des logements en Roumanie ont augmenté en moyenne annuelle d’environ 5–7 %, avec des rythmes plus élevés dans les grandes villes.3,5,6 Si l’appartement que tu analyses est listé avec une hausse de 15–20 % au-dessus de la moyenne de la zone en une seule année, tu as déjà un signal d’alarme.
L’étage, l’année de construction et l’état de l’immeuble : un « coefficient de correction » essentiel
Deux appartements avec la même surface et dans le même quartier peuvent avoir des valeurs très différentes selon l’étage, l’année de construction et la qualité de la construction. Les rapports de la BNR montrent que les logements neufs ont eu ces dernières années des rythmes de hausse de prix nettement supérieurs à ceux des logements anciens, ce qui indique aussi une préférence claire des acheteurs pour les projets récents.3,6
Pour ajuster correctement le prix :
- Année de construction : les immeubles anciens (en particulier ceux d’avant 1977) peuvent avoir une décote justifiée par rapport à la moyenne de la zone, en raison de problèmes structurels potentiels et d’une efficacité énergétique réduite. Les immeubles des années 1980–1990 et ceux des années 2000, bien entretenus, tendent à être plus proches de la moyenne actuelle. Les projets très récents, dans de bonnes zones, justifient en général un supplément de prix.
- Étage : le rez-de-chaussée et le dernier étage sont en général moins recherchés, ce qui devrait se refléter dans un prix au m² inférieur à la moyenne de l’immeuble. Les étages intermédiaires, avec une bonne orientation et une lumière naturelle abondante, se vendent généralement aux prix les plus élevés.
- État de l’immeuble et des parties communes : ascenseur moderne, installations refaites, façade isolée thermiquement et aspect soigné justifient un prix proche ou même au-dessus de la moyenne de la zone. Un immeuble dégradé, avec des infiltrations ou des problèmes au sous-sol, requiert une décote conséquente.
Dans les rapports de stabilité financière, la BNR souligne que les différences de qualité entre logements neufs et anciens et entre grandes zones urbaines et reste du pays s’accentuent, ce qui signifie que le « prix moyen au m² » est de moins en moins représentatif pour un logement concret.3,6
La zone, l’accès à l’infrastructure et la dynamique locale du marché
La zone est probablement le déterminant le plus important de la valeur d’un appartement. Les rapports de marché montrent des différences majeures de prix même à l’intérieur de la même ville, en fonction de la distance au centre, de l’accès au métro ou à d’autres moyens de transport, de la proximité des bureaux et des universités.1,3,5
Quelques repères concrets pour évaluer la zone :
- Consulte l’Indice Imobiliare.ro ou les rapports trimestriels Market 360 pour voir le prix moyen dans le quartier et comment il a évolué au cours des 1–3 dernières années.1,2,5
- Vérifie dans la presse économique et dans les communiqués de l’ANCPI la dynamique des transactions dans ta ville : une forte baisse du volume, concomitante à une hausse des prix, signale un déséquilibre potentiel entre offre et demande.4,6
- Analyse l’infrastructure : accès aux transports en commun, écoles, parcs, centres commerciaux. Les zones bien connectées et dotées de bons services publics ont tendance à mieux conserver leur valeur dans le temps et supportent plus facilement les hausses de prix.
Un exemple : București a enregistré en 2025 l’une des plus fortes hausses annuelles du prix moyen des appartements parmi les grandes villes, d’environ 20 %, selon une analyse fondée sur les prix d’offre des annonces. Dans le même temps, des villes comme Iași sont restées, pour les logements neufs, à des niveaux nettement plus accessibles, autour de 1.800–1.900 euros/m² utile.4 Un appartement à București listé avec un prix proche de celui de Cluj ou supérieur à celui de villes à très forte demande doit être analysé de manière critique, même si « c’est ce qui se pratique dans la zone ».
Comment utiliser les annonces comparables pour vérifier un prix
Les annonces comparables sont l’outil le plus accessible pour un acheteur ou un propriétaire qui veut vérifier si un prix est réaliste. L’idée est simple : tu cherches des appartements très semblables, dans la même zone, et tu regardes à quels prix ils se vendent ou sont mis en vente.
Étapes recommandées :
- Définis des critères clairs : même zone, même nombre de pièces, surface proche (±10 %), année de construction similaire, étage comparable.
- Cherche au moins 5–10 annonces actives sur les principaux portails, puis élimine les extrêmes évidents (trop bon marché ou trop cher, sans explications évidentes).
- Corrèle avec les données agrégées de l’Indice Imobiliare.ro et, si possible, avec des rapports de marché trimestriels, pour voir si ces annonces sont en dessous, au-dessus ou en ligne avec la moyenne de la zone.1,2,5
- Suis les annonces dans le temps : si un appartement reste listé des mois au même prix sans se vendre, c’est un indice que le prix dépasse ce que le marché est disposé à payer.
Les rapports de la BNR et les données de l’INS sur l’indice des prix des propriétés résidentielles montrent qu’en moyenne, le marché évolue relativement lentement au niveau national, mais que les ajustements peuvent être rapides au niveau d’un quartier ou d’un type de propriété.3,6 C’est pourquoi les comparables locaux, analysés avec attention, sont plus pertinents que n’importe quelle moyenne nationale.
Checklist rapide : ce prix d’appartement est-il « correct » pour toi ?
Au final, « correct » signifie non seulement raisonnable par rapport à la moyenne, mais aussi soutenable pour ton budget et justifié par les caractéristiques concrètes du logement. Tu peux utiliser le checklist suivant :
- Le prix au m² se situe dans un intervalle de ±5–10 % par rapport à la moyenne du quartier et du type d’appartement indiquée par l’Indice Imobiliare.ro ou par d’autres rapports crédibles.1,2,5
- Tu as ajusté à la hausse ou à la baisse pour l’année de construction, l’étage, l’état de l’immeuble et de l’appartement.
- La zone dispose d’une bonne infrastructure et de perspectives de développement, confirmées par la dynamique récente des transactions et des prix locaux.3,4,6
- Les annonces comparables, analysées sur une période de quelques semaines, confirment que des prix similaires aboutissent effectivement à des transactions, et pas à des annonces bloquées.
- La mensualité estimée (si tu empruntes) ne dépasse pas un seuil confortable au regard de tes revenus, en tenant compte de l’évolution des taux d’intérêt signalée par la BNR.3,6
Si la réponse est positive pour la majorité de ces points, il est probable que le prix soit correct, même s’il n’est pas « bas ». Si tu as des doutes sur plusieurs critères, traite l’annonce avec prudence, négocie fermement ou cherche des alternatives.
Sources
- Imobiliare.ro – Indicele Imobiliare.ro, metodologie și evoluție națională și pe orașe
- Imobiliare.ro – Indicele Imobiliare.ro pentru București
- Banca Națională a României – Rapoarte asupra stabilității financiare și analize privind piața imobiliară rezidențială
- Imobiliare.ro Market 360 – Rapoarte trimestriale Piața Imobiliară Rezidențială
Întrebări frecvente
Cum aflu rapid dacă un apartament este supraevaluat?
Compare le prix au m² avec la moyenne du quartier et du type d’appartement dans l’Indice Imobiliare.ro, ajuste pour l’année de construction, l’étage et l’état, puis vérifie des annonces comparables similaires. S’il est de plus de 10–15 % au-dessus de tous ces repères, il est probablement surévalué.
Cât contează anul construcției în prețul unui apartament?
Énormément. Les rapports de la BNR montrent que les logements neufs ont enregistré des hausses de prix nettement supérieures à celles des logements anciens, ce qui indique une préférence claire des acheteurs. Les immeubles anciens, surtout ceux d’avant 1977, justifient en général une décote par rapport à la moyenne de la zone.
Pot folosi prețul mediu pe oraș ca să evaluez un apartament?
Uniquement à titre indicatif. Les différences entre quartiers sont importantes, et à l’intérieur d’un même quartier, la position exacte, l’accès aux transports, l’année de construction et l’état de l’immeuble comptent beaucoup. Il est plus juste d’utiliser la moyenne du quartier et du type d’appartement, plus des annonces comparables très proches du logement analysé.